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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 16:25

B.pivot.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/© Laurencine Lot/ Nostalgie. Voilà le mot qui résonne dans le coeur de ceux qui ont le plaisir d'écouter le journaliste d'origine lyonnaise si apprécié pendant 28 ans sur le petit écran dans Apostrophes, Ouvrez les guillemets, Double jeu ou encore Bouillon de culture...cet amoureux des mots, de l'orthographe juste et des bizarreries de la langue jusque dans ses acceptions les plus quotidiennes. De l'épicerie parentale à l'âge de subir les politesses des jeunes femmes dans le métro, de la promotion Figaro-Beaujolais aux vendanges exquises, du Train-Fantôme promesse de baisers volés aux rencontres avec Georges Simenon, Marguerite Yourcenar ou encore Duras, toute une vie de mots formulée avec la modestie et la simplicité élégante qui ont fait son succès et sa pérénnité. S'il n'est pas un homme de théâtre, si les mots arrivent trop vite parfois, s'essoufflent ou hésitent avant ou après une virgule, l'émotion n'en est que davantage présente...et d'ailleurs, l'animateur des débats littéraires  ne cesse d'expliquer , avec espièglerie et poésie, son rapport avec ces mots joueurs qui ont leur vie propre et ne s'en laissent pas beaucoup conter. Souvenirs d'un gratteur de têtes est l'occasion unique de partager une heure et quart en compagnie d'un grand Monsieur de la Culture française; un moment qui ravira tous ceux qui déplorent l'arrogance et l'inaccessibilité pédante de certaines émissions littéraires d'aujourd'hui, celles qui oublient l'importance de la convivialité et de la complicité...et ignorent sans doute que la littérature est une merveilleuse parenthèse de connivence et de rêve à partager que Bernard Pivot savait si bien ouvrir et refermer délicatement avec des guillemets.

"Vieillir, c'est chiant. J'aurais pu dire: vieillir, c'est désolant, c'est insupportable, c'est douloureux, c'est horrible, c'est déprimant, c'est mortel. Mais j'ai préféré « chiant » parce que c'est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand ça a commencé et l'on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant, invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c'était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j'étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme."

Dates de représentation:
Le lundi 23 septembre 2013 au Théâtre Jean-Claude Carrière à Montpellier ( Domaine d'Ô)
Le vendredi 27 septembre 2013 à l'Espace Loisirs de Sèvres
Le dimanche 29 septembre au Théâtre de l'Atrium à Tassin la Demi Lune

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 13:13

arlettegruss.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Ce n'est pas parce que le cirque a aujourd'hui trouvé une place privilégiée dans les salles de spectacle qu'il faut négliger le plaisir de vivre un instant magique sous un chapiteau. Le cirque Arlette Gruss est en tournée avec son nouveau spectacle Symphonik et il faut en profiter! Renouer avec les temps nostalgiques où l'on voyait arriver les roulottes au centre du village, où l'on imaginait déjà quelles bêtes exotiques étaient abritées dans les cages, à quoi ressemblerait le clown...bref! Disons-le, on aime d'abord Arlette Gruss pour sa  perpétuation des traditions et.....sa superbe ménagerie! Ses zèbres, ses chevaux, son yak, ses éléphants mais encore davantage ses lions majestueux, ses tigres impétueux et même ses impressionnants ligrons avec lesquels Tom Dieck, séduisant dresseur, nous offre des minutes merveilleuses tant les fauves sont superbes et réactifs. Enthousiasme aussi pour le duo de main à main Serjo, athlétique et coordonné à souhait, pour la troupe Zola qui regroupe dix artistes mongols qui offrent au public épaté une démonstration de banquise et une prestation à la bascule. Laura-Maria Gruss - à toute juste 14 ans-  en alternance avec sa mère Linda, présente également un numéro de dressage de chevaux de qualité et vous retrouverez vos yeux d'enfant lorsque les éléphants et leurs jolies "cavalières" exécuteront leur numéro d'acrobaties . Certains apprécieront la délicatesse poétique du mime Hadrien Trigance tandis que d'autres riront des pitreries dangereuses du délirant Master of Hellfire....Enfin, on dira pour conclure que les numéros de clowns sont à notre goût, plus convaincants lorsqu'ils se teintent de poésie que d'humour potache dans ce Symphonik. Aussi, foncez! que ce soit seuĺ, en couple, entre amis ou avec vos enfants, le cirque se partage et, croyez-nous,emporte l'adhésion dès les premiers mots de Monsieur Loyal!

 



Toutes les dates:



- À Montpellier, Espace Grammont: Du 1 au 8 septembre 2013



- À Avignon , parking des italiens : Du 12 au 15 septembre 2013



- À Grenoble, esplanade Porte de France: Du 19 au 29 septembre 2013



- À Aix-les-Bains, esplanade du lac : Du 3 au 6 octobre 2013



- À Annecy, Place des romains : Du 10 au 13 octobre 2013



- À Nancy, place Carnot: Du 16 octobre au 3 novembre 2013



- À Amiens, place Longueville: Du 6 au 11 novembre 2013



-À Wasquehal ( 59) : Du 14 au 17 novembre 2013


Le site du cirque Arlette Gruss

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 02:05

sete2013.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Après deux ans de travaux de rénovation et de modernisation, les Sétois mais aussi tous les amoureux du théâtre vont avoir le plaisir de retrouver le Théâtre Molière - avec un pincement au coeur également, en ce qui nous concerne, puisque le Chai Skalli ne sera plus utilisé et que l'équipe de la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau en avaient fait un lieu convivial et au charme indéniable. Résolument optimiste parce qu'en réinvestissant le Théâtre Molière, " les artistes vont retrouver la place centrale qui est la leur, le public nombreux et fidèle va s'y presser (et que) les entreprises vont entreprendre (...) pour l'art et la culture", Yvon Tranchant a préparé une saison 2013/2014 qui invite de nombreux arts vivants : le théâtre, la danse, la musique ( jazz, musique du monde, classique,  chanson française) l'opéra, la lecture théâtralisée, le cirque, la conférence théâtralisée, le cabaret ou encore le théâtre musical. Une saison qui n'oublie pas les classiques avec Les femmes savantes de Molière, Don Quichotte ou encore Cyrano de Bergerac, vous donnera le plaisir de voir sur le plateau des personnalités talentueuses comme Cécile de France, Higelin, Pierre Richard, Jacques Gamblin, Dominique Pinon, Philippe Torreton et Isabella Rosselini, vous offrira des heures lyriques enthousiasmantes, des soirées pour rire, des expériences sensorielles  avec Vortex  notamment, mettra aussi les auteurs contemporains à l'honneur comme Christian Prigent, Hervé Briaux, Jan Lauwers, Sarah Fourage, Mohamed El Khatib,...et puis , on vous conseillera enfin - sans l'avoir vu mais parce que la compagnie chilienne Teatrocinema fait un travail aussi singulier que fabuleux - Histoire d'amour.
En somme, une saison pour vibrer et partager ensemble à l'envi moults frissons culturels...Abonnez-vous, , ne tardez pas... pour n'avoir pas le regret de découvrir que le spectacle est déjà complet quelques jours ( ou heures!) avant la représentation!


Le site de la Scène Nationale de Sète Ici !

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 12:22

Racine.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Accros de l'hémistiche, passionnés d'élans tragiques, dépendants des alexandrins, fanatiques des amours impossibles et des drames familiaux…Racine par la racine est pour vous! Avec une approche très pédalogique - qui en fait donc un spectacle IDEAL pour les lycéens - Serge Bourhis décortique l'univers racinien sans négliger l'humour ( qui manque cruellement dans l'oeuvre du dramaturge , reconnaissons-le) et nous présente en accéléré les onze tragédies qui ont fait sa pérennité. Puisqu'on parle de théâtre, la mise en abîme est de rigueur et  les quatre comédiens n'ont de cesse de chahuter l'illusion théâtrale :  la situation de départ est simple; nous assistons aux répétitions d'une troupe dont un des membres manque à l'appel. La toge est de rigueur puisque Racine a puisé essentiellement son inspiration dans l'antiquité, l'éloquence et la grandiloquence s'imposent mais parfois, pour faire mieux saisir un concept, le metteur en scène n'hésite pas aussi à moderniser le texte initial ou encore à monter Esther et Athalie façon Broadway. Si l'atmosphère et les situations mises en place sont parfois un peu potaches, le canevas dans sa globalité est intelligent et réussit à faire retenir quelques notions essentielles de l'oeuvre de Racine; les jeux de mots sont de surcroît bien trouvés et l'on a tout de même récurremment l'occasion d'entendre le vers classique se déployer sur scène - l'on applaudira particulièrement l'interprétation juste et touchante du monologue de Phèdre à l'acte II scène 3 par Alberto Lombardo. Racine par la racine? déjà presque un classique au Festival d'Avignon!

 



" Tout t’afflige et te nuit et conspire à te nuire ? Tu ne te soutiens plus?
Ta force t’abandonne?
 Tes genoux tremblants se dérobent sous toi?
 Tous ces vains ornements, tous ces voiles te pèsent? Toi aussi tu préfèrerais être assis(e) à l’ombre des forêts? De l’amour tu as toutes les fureurs ? Ne tarde plus, rejoins- nous
 Aux Alexandrins Anonymes
 12 rue Racine
 Séance tous les douze de chaque mois, A douze heures précises !"

 



Une production  : La Caravane Rouge


Ecrite et mise en scène par Serge Bourhis


Avec: Guillaume Dollinger, Héloïse Lacroix, Cécile Le Guellec, Alberto Lombardo


Costumes : Marion Lachaud



Dates de représentation:


- Du 8 au 31 juillet 2013, tous les jours à 14 h 25 
au Théâtre Essaïon-Avignon ( 33, rue de la Carreterie – 84000 Avignon )


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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 13:24

ubu.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr /Crédit-photo : Biro Istvan / Übü Kiràly est une version hongroise d'Ubu Roi d'Alfred Jarry qui ne manque pas d'originalité et d'humeur rigolarde : créée en décembre 2011 au Théâtre hongrois de Cluj, on a le plaisir d'entendre le texte dans cette langue finno-ougrienne qui charme l'oreille du spectateur tant sa typologie agglutinante et son harmonie vocalique enrichissent encore de sens le texte - même si l'on n'en connaît pas un mot puisque le spectacle est surtitré en français!  Alain Timàr a imaginé une version inventive ,à l'esprit potache, de l'histoire de cet Ubu, veule et cruel, qui, aux côtés de son épouse arriviste et manipulatrice, fait un coup d'Etat, prend la place du roi et lance à tout va des mesures arbitraires dont l'objectif satisfait le plus souvent sa vénalité. La pièce d'Alfred Jarry, même pour un spectateur qui ne conçoit plus qu'un tyran puisse un jour régner avec un "machine à décervelage" et une "pompe à phynances", produit toujours un rire jaune et étonnamment, l'épouvantable famille Ubu inquiète, même lorsqu'elle est grimée de franche rigolade et de distanciation. Aussi, en dépit de la volonté esthétique du metteur en scène de briser l'illusion en montrant sur scène les humeurs des comédiens, la confection des costumes et des décors, le mal ne quitte pas le plateau et ,au milieu des rires, ne lâche pas son flambeau, comme une menace. On applaudira d'abord l'extraordinaire inventivité des costumes de papier  qui sont créés sous nos yeux : froissées, coupées, tordues, on reste épaté de ce qu'il est possible de faire avec un justaucorps et de grandes bandes de papier! On saluera ensuite l'énergie qui règne sur le plateau et les trouvailles de mise en scène drolatiques qui insistent sur les rapports scabreux qui lient les protagonistes principaux. On dira cependant que la pièce pourrait faire l'économie de quelques minutes  car il y a des flottements inutiles - notamment dans les déplacements - ou des intermèdes musicaux qui finissent par lasser quand on n'est pas adeptes des cuivres. De plus, la nymphomanie de Mère Ubu et l'explosion de testostérone du Capitaine Bordure, par trop d'insistance, perdent à la fin de l'intérêt. Il aurait été plus intéressant , semble-t-il, que les "défauts" de Mère Ubu se volent la vedette  à qui mieux mieux au cours de la pièce. On en garde cependant une impression globalement positive, beaucoup d'acteurs sont truculents et l'on conseille la pièce pour sa singularité attrayante et son impressionnant défilé de costumes éphémères!



 

Ubu roi d'Alfred Jarrycbiro_istvan5.jpg

Mise en scène et scénographie:  Alain Timár 
Version hongroise sur-titrée


Avec 
Pères Ubu :   Bogdán Zsolt , Dimény Áron , Farkas Loránd , Keresztes Sándor ,Szűcs Ervin ,Váta Loránd



Avec Mères Ubu :   Albert Csilla , Györgyjakab Enikő , Kató Emőke , Laczó Júlia , Skovrán Tünde , Varga Csilla


Régie technique : Kerezsy Imola, Györffy Zsolt


Vidéo : Captation vidéo réalisée par CASPEVI, le site de diffusion d’extraits vidéos du spectacle vivan


Crédit photo : © Istán Biro
Co-production : Théâtre Hongrois de Cluj (Teatrul Maghiar de Stat Cluj) – Roumanie / Théâtre des Halles – Avignon – France 
Coréalisation : Athénée Théâtre Louis Jouvet


- Au Festival d'Avignon Off 2013 Du 6 au 28 juillet 2013 - Relâche le 17 au Théâtre des Halles - Salle du Chapitre à 
11h - Durée 1h50

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 02:06

 _LA-DISPUTE_-Cie-de-l-arcade-REF-7480.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Cet été, la région Picardie est très représentée au Festival Off et l'une de ses productions nous a particulièrement séduits! La mise en scène de Vincent Dussart est délicieuse : tout à la fois pertinente, délicate, drôle et sérieuse : sa teneur hautement théâtrale et fine charme les spectateurs et le travail de la compagnie de l'Arcade, par son exigeance esthétique et sa direction d'acteurs, ne manque pas d'élévation : un bémol, peut-être pour la comédienne qui interprète Hermiane qui surjoue un peu ( même si l'on lui accorde la difficulté de n'apparaître qu'à l'exposition et au dénouement et d'avoir un rôle qui se prête à des minauderies boudeuses). Rappelons rapidement l'intrigue de la pièce de Marivaux : Hermiane et le Prince sont en désaccord sur la question de savoir lequel des deux sexes, depuis les origines du monde, a été le premier inconstant en amour. Pour répondre à cette question, le Prince explique que six jeunes gens ont été élevés par son père ( qui se posait la même question il y a longtemps) depuis 18 ans, isolés les uns des autres et ne connaissant rien du monde. C'est l'heure de les faire se rencontrer et ainsi il sera possible de découvrir quel sexe a été le premier inconstant. Sans véhiculer de morale mais en se contentant d'insérer des constats cruels, la langue marivaudienne coule dans cette oeuvre avec une limpidité seyante à l'oreille et les thèmes abordés  sont follement amusants car y percent quelques vérités dérangeantes. Dans la mise en scène de Vincent Dussart, les quatre interprètes de ces enfants élevés dans l'innocence sont portés par un souffle enthousiasmant qui ne les lâche jamais et l'on rit, s'émeut, s'amourache avec eux tout naturellement. Fin analyste de la pièce , le metteur en scène a choisi d'y "rendre palpable ce trouble de l'ego, cette défaillance du sentiment d'exister". Les personnages découvrent donc d'abord le "je", puis le " vous" puis ensuite le "nous"...et de "ce schéma relationnel", il a imaginé une gestuelle associée à chaque pronom. Le verbe se lie donc à une chorégraphie qui ne cesse d'être perturbée par les émotions et rencontres nouvelles qui jalonnent le parcours d'Eglé, Azor, Adine et Mesrin. Les costumes de Rose-Marie Servenay et la scénographie de Frédéric Cheli éclairent de surcroît avec justesse l'emprisonnement de ces êtres sacrifiés pour une expérimentation et ont l'intelligence cependant de ne pas appuyer non plus trop lourdement sur l'idée. Une pièce qui se regarde presque comme un ballet tant les mots, les gestes et les caractères s'imprègnent de ce qui les entoure et se meuvent en harmonie ( même lorsque c'est en opposition) avec les autres ou face au miroir. S'il faut émettre une critique négative, on dira simplement que l'on n'adhère pas forcément à la violence de la fin et au choix d'un Dina et d'un Meslis au physique caricatural ; l'usage de la vidéo heurte l'oeil au creux d'une pièce tout en subtilités et dont l'esthétique joue sur des couleurs "naturelles" et "pures" mais l'on suppose également que , pour des questions économiques, il est compliqué d'avoir dans une troupe deux comédiens pour ne jouer sur scène que peu de répliques: on est donc conciliant. Une pièce que l'on recommande VIVEMENT!


    •    La Dispute
    •    De Marivaux
    •    Mise en scène: Vincent Dussart
   •    Avec Louis-Mariee Audubert, Jean-Pierre Bélissent, Xavier Czapla, François Duhem, Chantal Garrigues, Anne de Rocquigny, Sophie Torresi, Nathalie Yanoz
    •   - Du 8 au 31 juillet 2013 au Théâtre des Lucioles à 21h, Festival d'Avignon Off

ladispute.jpg

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 13:06

Manana.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Crédit-photo:David Maugendre/ Ils sont quatre. Complices, singuliers, généreux. Leur univers puise dans l'absurde et le décalé et l'on est d'abord déstabilisé, ne serait-ce que par leur présence physique, intrinsèquement clownesque pourrait-on dire. Gabriel Andrès Agosti, Jur Domingo, Anicet Leone et Julien Vittecoq font du cirque avec trois bouts de ficelle ( quelques patates, un masque de souris, de la pâte à modeler..) et du talent… Ils offrent un spectacle circassien qui puise dans les viscères de chacun et dans leur communion complice. De situation incongrue en situation incongrue, chacun y fait montre de ses talents et s'enchaînent ainsi portés athlétiques, jonglages, contorsions corporelles. Vous y verrez  assurément des "numéros" atypiques où l'inclassable et la dérision tiennent lieu de mots d'ordre. Le silence y a sa place aussi et contribue à faire tortiller de gêne sur sa chaise le spectateur, qui devient ainsi actif et réactif à la nourriture circassienne qu'on lui offre. Tout dans Mañana es Mañana part du quotidien, de l'humain et des émotions qui le traversent. Comme le précisent deux de ses membres " Notre démarche ne se veut pas cérébrale. Il s'agit d'un cri du corps plutôt que de la tête. Une image, une idée, un geste : tout est prétexte à un travail du corps. S'arrêter sur un détail et l'exploiter jusqu'à la moelle, par la déformation du corps ou de l'objet". Les deux premières à Montpellier Danse ont été accueillies avec enthousiasme tant la fraîcheur et l'originalité charmante de  leurs interprètes sont séduisante! Un spectacle plaisant à découvrir!

Mañana es Mañana
Cridacompany
Conception: Jur Domingo, Julien Vittecoq
Avec Gabriel Andrès Agosti, Jur Domingo, Anicet Leone et Julien Vittecoq
 
Dates de représentation:


- PREMIÈRES les 2 et 3 juillet 2013 -­ Festival Montpellier Danse 2013
Programmation cirque proposée par Guy Périlhou, Directeur de La Verrerie d’Alès, Pôle National Cirque Languedoc-­‐Roussillon


-06/07/13 – Festival Rues et Vous, Rions – Association Vialarue


-24, 25/08/13 – Festival Bonus #3, Hédé – Théâtre de Poche


-11, 12, 13/10/13 – Village de Cirque, Paris – Coopérative 2R2C


-25, 26, 27/10/13 – CIRCa, Auch
-2, 3/11/13 – Cirque en Marche, co-organisé par La Verrerie et le Cratère


-5/11/13 – Théâtre du Périscope, Nîmes -­ co-accueil La Verrerie d’Alès PNC-­LR


-8/11/13 – Fira de Manresa, Catalogne


-13/11/13 -­ La Fabrique, Université du Mirail, Toulouse


-29/11/13 – Le Chai du Terral, St Jean de Védas -­ co-accueil La Verrerie d’Alès PNC-­LR


-17/12/13 – L’Atrium, Dax – programmation Arguia Théâtre


-18, 19/01/14 – La Ferme du Buisson, Marne la Vallée


-04/02/14 – Le Champ de Foire, St André de Cubzac


-06/02/14 – Festival TrafiK, auditorium de Bergerac – organisé par le Melkior Théâtre


-13/02/14 – Scène nationale d’Aubusson


-15/02/14 – ATP de l’Aude, Quillan -­ co-­accueil La Verrerie d’Alès PNC-­LR


-18/04/14 – La Genette Verte, Florac -­ co-­accueil La Verrerie d’Alès PNC-­LR / Scènes Croisées de Lozère






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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 12:22

linventairedumonde.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Crédit-photo: Marie Clauzade/ Le Printemps des Comédiens est presque achevé et les comédiens amateurs de l'Autre Théâtre lui apportent une touche poétique, amusante et chaleureuse qui rend nostalgique et donne déjà envie de l'heure où, dans le Domaine d'Ô, le Printemps reprendra ses droits pour une saison nouvelle. Habilement dirigés par Béla Czuppon, cette troupe , dont on a le plaisir de retrouver un grand nombre depuis plusieurs années maintenant, nous impressionne une fois encore par sa capacité à nous offrir généreusement et avec enthousiasme une heure et demie de théâtre, en complicité. Cette année, l'accent a été mis sur l'apprentissage et la restitution de textes plus ou moins longs et l'on rit beaucoup de la drôlerie des sketches et des phrases égrénées ça et là que cette joyeuse bande s'est appropriée brillamment. Un bravo spécial pour le "couple" de l'Ours Blanc qui réussit à restituer toute l'absurdité désopilante de ce dialogue! Félicitations aussi au "comptable-rebelle" qui se métamorphose ensuite en Super-Mario avec autant de conviction! mais aussi à "l'homme en peignoir" qui déteste Super-Mario et aux deux sbires du Temps incroyablement charismatiques! Investis d'une façon impressionnante, chacun des acteurs joue son rôle avec beaucoup de sérieux et ont une présence sur scène tantôt poétique, tantôt humoristique. On a beaucoup aimé notamment "la scène amoureuse de la jeune fille" qui laisse le coeur en suspension, porté par les sourires désarmants des couples qui se confrontent : une danse de la vie remarquablement interprétée!  Cet inventaire du monde, joliment scénographié par Daniel Fayet et costumé par Pascaline Duron, en choisissant le registre absurde, rappelle aux spectateurs combien le monde est source de diversité et que l'aborder avec le rire permet de désamorcer ses incohérences et de le sublimer! On en sort enchanté et heureux d'avoir partagé un moment de théâtre durant lequel on ne s'ennuie pas une minute! L'occasion renouvelée cette année de constater la magie et le pouvoir du théâtre : outil fédérateur ,générateur de dépassement et qui révèle les êtres à eux-mêmes. Un immense bravo encore à Geoffrey Genet, Victor Silvy, Taha Naïli, Roman Klein, Hugo Corbeau, Sylvie Chavent, Laura Deleaz, Aymeric Tissié, Babeth Maggiolo, Stéphanie Ferdouss, Saba Benabdennebi, Jean-Michel Delourtioux, Vincent Jouvenel, Gwenaëlle Maïquez, Catherine Betzer, Patricia Dupuy et leurs anim'acteurs qui nous ont offert une soirée théâtrale colorée et généreuse...et rendez-vous l'an prochain!


En photo: Jean-Michel Delourtioux.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 19:12

pipo.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Attention Mesdames et Messieurs! Ce soir vous allez voir ce que vous allez voir! Patrick Pineau, entouré d'une bande de joyeux histrions, vous invite à découvrir un cabaret à l'humour grinçant!  Si les tours de magie n'y ont rien d'époustouflant, le timbre de voix des chanteuses ou encore le doigté des musiciens rien de mémorable ou encore si les décors sont de bric et de broc, l'ensemble contribue volontairement à créer une atmosphère de plaisanterie fort agréable. Ce sont des clowns qui font le cabaret ce soir et Sylvie Orcier rend ainsi hommage dans son choix de mise en scène et de scénographie à l'auteur Karl Valentin en utilisant peu de moyens et en faisant monter tout le monde sur scène ( l'acteur, le musicien, le régisseur, l'univers du spectacle lui-même etc...). Dans Vols en piqué, vous entendrez notamment le chant éthéré d'un piano à verres, un choeur de cracottes ou encore les griefs lyriques de la femme d'un magicien; le plus chanceux goûteront peut-être un chocolat glacé ou des spaghettis bolognaise, échapperont de peu au crash en flammes d'un avion de pacotille; d'autres recevront les hommages infidèles d'un mari sans chemise ...Autant de personnages, autant de situations cocasses que nous offre la Compagnie Pipo avec une énergie communicative ! A voir assurément pour trinquer à la bonne humeur et échapper grâce à la magie du théâtre à la réalité terrifiante et implacable d'un monde "qui ne sera jamais d'accord"!


Vols en piqué
tiré des sketches  de Karl Valentin
Mise en scène: Sylvie Orcier
Avec Nicolas Bonnefoy, Nicolas Dausy, Nicolas Gerbaud , Sylvie Orcier, Patrick Pineau, Marc Jeancourt, Jean-Philippe Bellevin, Florent Fouquet, Renaud Léon et Charlotte Merlin.


Dates de représentation:
- Les 23, 24 et 25 juin 2013 au Printemps des comédiens
- See more at: http://bscnews.fr/201306253009/Theatre/vols-en-pique-un-cabaret-caustique-et-colore.html#sthash.nFVABAft.dpuf

Par Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Attention Mesdames et Messieurs! Ce soir vous allez voir ce que vous allez voir! Patrick Pineau, entouré d'une bande de joyeux histrions, vous invite à découvrir un cabaret à l'humour grinçant!  Si les tours de magie n'y ont rien d'époustouflant, le timbre de voix des chanteuses ou encore le doigté des musiciens rien de mémorable ou encore si les décors sont de bric et de broc, l'ensemble contribue volontairement à créer une atmosphère de plaisanterie fort agréable. Ce sont des clowns qui font le cabaret ce soir et Sylvie Orcier rend ainsi hommage dans son choix de mise en scène et de scénographie à l'auteur Karl Valentin en utilisant peu de moyens et en faisant monter tout le monde sur scène ( l'acteur, le musicien, le régisseur, l'univers du spectacle lui-même etc...). Dans Vols en piqué, vous entendrez notamment le chant éthéré d'un piano à verres, un choeur de cracottes ou encore les griefs lyriques de la femme d'un magicien; le plus chanceux goûteront peut-être un chocolat glacé ou des spaghettis bolognaise, échapperont de peu au crash en flammes d'un avion de pacotille; d'autres recevront les hommages infidèles d'un mari sans chemise ...Autant de personnages, autant de situations cocasses que nous offre la Compagnie Pipo avec une énergie communicative ! A voir assurément pour trinquer à la bonne humeur et échapper grâce à la magie du théâtre à la réalité terrifiante et implacable d'un monde "qui ne sera jamais d'accord"!

Vols en piqué

tiré des sketches  de Karl Valentin

Mise en scène: Sylvie Orcier

Avec Nicolas Bonnefoy, Nicolas Dausy, Nicolas Gerbaud , Sylvie Orcier, Patrick Pineau, Marc Jeancourt, Jean-Philippe Bellevin, Florent Fouquet, Renaud Léon et Charlotte Merlin.

Dates de représentation:

- Les 23, 24 et 25 juin 2013 au Printemps des comédiens

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 19:06

richard1.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ ®Monika Rittershaus/  Tel qui rit vendredi dimanche pleurera, dit le proverbe. Richard II est une fresque historique aussi puissante que sombre en cinq actes dans laquelle se succèdent: le bannissement par le roi Richard II de son cousin Henry Bolingbroke, la rébellion de ce dernier profitant du départ de Richard pour l'Irlande pour envahir l'Angleterre avec une armée, la confrontation de Richard et de son cousin et l'obligation du roi à abdiquer, son abdication et enfin son exécution. Habile portraitiste des machinations du pouvoir, des complots fratricides et des aplatissements lâches des courtisans pour garder une place dorée auprès du roi, Shakespeare utilise ici le principe de l'arroseur arrosé et Claus Peymann a ainsi créé une mise en scène dans laquelle l'eau joue  justement un rôle prépondérant : elle aide d'abord les uns à se remettre de leurs émotions, coup de fouet frais et sursaut provisoire de remise en vie; elle accompagne les jardiniers farceurs qui offrent une respiration avant l'anéantissement annoncé de Richard ; elle poursuit Richard sous forme de pluie battante lorsqu'il rentre vaincu dans son pays ; elle est enfin "l'outil" utilisé par Bolingbroke pour tenter d'effacer les graffitis des murs et les stigmates du renversement de son prédécesseur...même  si le "Richard II forever" inscrit par Aumerle laisse une trace indélébile que ne digère pas bien le tout frais couronné Henri IV.  Si la version présentée par le Berliner Ensemble doit au génie de Shakespeare, elle doit aussi à l'adaptation du poète et dramaturge Thomas Brasch...mais également - puisque la pièce était jouée à Montpellier en allemand avec un sur-titrage en français - à la traduction brillante de Michel Bataillon qui a su restituer avec justesse  l'essence poétique et les jeux de mots des dialogues. Cette co-production du Burgtheater de Vienne et du Berliner Ensemble, qui a maintenant derrière elle de nombreux printemps,  fait l'effet d'une claque: c'est une leçon de théâtre comme l'on en voit rarement. Et on le dit à double titre puisque Claus Peymann est rarement venu en France ( une fois à l'Odéon-Théâtre en 1984 pour La Bataille d'Arminius de Heinrich von Kleist ; en 2009 aux Nuits de Fourvière pour Mère Courage de Brecht et enfin au Théâtre de la Ville de Paris et au T.N.P de Villeurbanne pour Richard II depuis). Richard II a reçu le prix Friedrich-Luft et le Prix de la critique du meilleur spectacle étranger en 2009/2010.  Tout y est admirable : le choix premièrement de cette scénographie avec des murs blancs mobiles et percés d'ouvertures devant lequel s'étend un sol blanc strié de noir ; une configuration spatiale propice à la méfiance et l'expression d'un cloisonnement sans nul échappatoire. Les êtres dans Richard II n'ont aucune liberté ; leur vie est inexorablement liée au destin des autres, les alliances les emprisonnent et le bannissement les tue. Comment mieux exprimer cette fatalité qu'en instaurant sur le plateau une atmosphère confinée autant par les décors que par la tendance des personnages à former des groupes, sorte de protection qui est refusée à Richard ensuite qui se retrouve absolument seul? Les comédiens, deuxièmement,  sont vêtus uniquement de noir ou de blanc et leur visage grimé en fait des clowns terriblement expressifs, à la pâleur fantomatique, des spectres qui errent déjà de leur vivant et désespèrent de leur noirceur intrinsèque. Richard II est un roi faible et inconséquent( qui sera remplacé par un Henri IV populiste et tyrannique) et cette pièce ,qui met en scène avec une vérité éclaboussante sa chute fulgurante, est une leçon au goût amer mais salvateur à propos de la fragilité de la destinée humaine. D'ailleurs ,avant d'encenser comme il se mérite les acteurs de cette troupe exceptionnelle, soulignons encore l'habileté de cette mise en scène qui réussit durant les quatre premiers actes à faire rire le public alors même que se joue un drame! De nombreux personnages, comme la Reine Isabelle, tantôt inquiètent, tantôt amusent par leur singularité; le texte, de surcroît, ne manque pas de verve ironique et mordante et certaines situations sont orchestrées de telle façon qu'elles tournent au comique ce qui relève du registre tragique. Et ce n'est pas affaire de contresens ou de mauvais jeu des interprètes ; c'est le reflet du génie d'une mise en scène qui fait vibrer les spécifités de la langue shakespearienne!  N'est-ce pas le propre du clown de nous faire rire de ce qui devrait nous faire pleurer? De plus, qui est le clown dans cette histoire? Qui perd, qui gagne, qui sait? Richard s'interroge sur ce qu'il est, manipule sa couronne comme si elle était un objet inquiétant, semble diviser entre le roi dont il porte le masque officiel et sa vraie nature qui le taraude. Henry Bolingbroke, rebaptisé Henri IV, connaîtra la même déchirure...comme une malédiction. Troisièmement, le plaisir du spectateur naît aussi de la beauté plastique de ce Richard II : le plateau est une toile expressionniste qui se construit au fur et à mesure des actes grâce à des projections de boue, des jets de boîtes de conserve et d'amas d'objets divers, et est achevée au dernier vers, métaphore du spectacle désolant d'une aristocratie condamnée à l'auto-destruction( et le costume de Richard II subit le même traitement!). On conclura enfin par des applaudissements redoublés pour la direction d'acteurs de Claus Peymann rendue possible grâce au talent incontestable des douze comédiens présents sur scène et, pour ne citer qu'eux : l'extraordinaire Michael Maertens qui joue ,depuis la création de la pièce en 2000, le rôle de Richard II et l'interprète ,d'abord avec une assurance surjouée puis avec un désespoir métaphysique puissant, de façon brillante. Veit Schubert s'avère un Henry Bolingbroke mémorable, " lutin" cynique semblant sorti tout droit d'un cauchemar ; Martin Schwab émeut en Jean de Gand vitupérant dans son linceul et Manfred Karge incarne un Duc d'York dont l'opportunisme et l'aveuglement loyal font froid dans le dos. Un spectacle jubilatoire !


Richard II
de William Shakespeare
Adaptation: Thomas Brasch
Rédaction et régie des sur-titres: Michel Bataillon
Mise en scène: Claus Peymann
Par le Burgtheater de Vienne et le Berliner Ensemble
Avec Maria Happel, Dorothee Hartinger, Gerrit Jansen, Daniel Jesch, Manfred Karge, Hans Dieter Knebel, Michael Maertens, Markus Meyer, Klaus Pohl, Michael Rothmann, Veit Schubert, Martin Schwab
Décor: Achim Freyer
Costumes: Maria-Elena Amos
Conseil dramaturgique: Jutta Ferbers
Lumières: Ulrich Eh, Achim Freyer


Dates de représentation:
Les 26 et 27 juin 2013 au Printemps des Comédiens à Montpellier


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