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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 15:25

lemajordome.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Des champs de coton du Sud des Etats-Unis jusqu'à la Maison Blanche à Washington, le parcours incroyable et émouvant que nous raconte Lee Daniels, tiré d'une histoire vraie, est celui d'un majordome de couleur noire qui a fait preuve toute sa vie d'un courage sans faille et exemplaire et montre que l'on peut contribuer à transformer le monde même en restant discret et soucieux de respecter les lois de son pays. Voici le récit du jeune Cécil Gaines qui fuit le Sud des Etats-Unis, ses champs de coton et ses barbaries ségrégationistes , en 1926, avec l'espoir de trouver un ailleurs meilleur. Travailleur émérite, sachant rendre sa présence invisible et indispensable et aidé par des rencontres providentielles, il acquiert des compétences qui le mèneront à devenir, durant sept présidences, majordome de la Maison Blanche et témoin des confidences et tractations du Bureau Ovale. Ce que Cecil donne dans son travail, il le sacrifie malgré lui à sa famille : sa femme Gloria et ses deux fils souffrent de son absence ,malgré la situation financière confortable que permet le poste de Cecil. Son fils aîné , notamment, refuse de se soumettre au diktat des blancs et accuse son père de ne pas agir pour la cause des noirs d'Amérique. Une querelle intergénérationnelle qui donnera tous ses cheveux blancs à Cecil.
Un film passionnant qui, au travers du regard de Cecil, retrace une partie de l'histoire des Etats-Unis : de l'assassinat du jeune président Kennedy à celui du Docteur Martin Luther King, du mouvement des "Black Panthers" à la guerre du Vietnam; un biopic qui porte en lui un message humaniste salvateur, sans être lourdement moralisateur. Forest Whitaker est bouleversant et excelle dans son jeu sobre et d'une distinction sans faille, Oprah Winfrey, dans le rôle de l'épouse tentée un temps par la boisson,  est aussi troublante qu'attachante, Cuba Gooding, fidèle à lui-même, enchante par sa présence toujours dosée d'humour et de sincérité ; John Cusack, enfin, incarne brillamment un Nixon secoué par le scandale du Watergate. Le reste du casting est irréprochable. Utilisant un point de vue subjectif pour filmer ses séquences, dans lesquelles transpirent donc les émotions des personnages, leurs gênes et leurs inquiétudes, Lee Daniels n'oublie pas d'insérer des séquences filmiques historiques qui se marient admirablement à la fiction. On s'émeut ainsi pour ce destin hors du commun, on tremble à la mort de Kennedy, on rage de ne pouvoir cotoyer le Docteur King plus longtemps, on frémit devant la violence du Ku Klux Klan et...l'on revit avec émotion la consécration de l'élection de Barack Obama en 2008!


Le majordome



Date de sortie : 11 septembre 2013


Réalisateur : Lee Daniels


Film américain


Avec : Forest Whitaker, Oprah Winfrey, Mariah Carey, John Cusack, Jane Fonda, Cuba Gooding Jr, Terrence Howard, Lenny Kravitz, Robin Williams...

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 22:19

jappeloup.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr / Voilà un film qui a trouvé le succès sous le pied d'un cheval! Et qui le mérite! Librement inspiré de la vie du cavalier Pierre Durand et de son cheval Jappeloup , il narre la vie d'un croisé pur-sang/trotteur ,né en 1975 , considéré comme un des chevaux de sauts d'obstacles les plus performants que l'on ait pu voir en compétition, et qui a remporté de nombreux titres dont champion olympique, champion d'Europe et champion de France dans cette discipline. De la première rencontre, entre un cavalier peu emballé et une monture difficile, à leur victoire aux jeux olympiques de Séoul à 1988, Jappeloup retrace de façon romancée mais séduisante le parcours non dénué d'obstacles de deux champions méritoires . Le sujet, déjà, fédère le plus grand nombre de spectateurs, ravi de revivre un épisode sportif glorieux de la France et le bruit des sabots vainqueurs a un je ne sais quoi de palpitant qui conquiert même les moins compétitifs. Dans cette épopée hippique, on voit de plus évoluer avec plaisir ce bel animal qu'est le cheval et de nombreuses séquences consacrées à "la bête" sont séduisantes d'esthétique. Le casting est ensuite irréprochable;  Christian Duguay a fait le choix d'interprètes touchants de sensibilité et d'authenticité : Guillaume Canet incarne la fougue de la jeunesse avec autant de talent que les coups de revers de l'âge adulte ; son duo avec Marina Hands est juste , sans trop d'ostentation de romance et le public n'en est que plus convaincu. Daniel Auteuil et Marie Bunel, en parents aimants, Jacques Higelin en éleveur de chevaux bourru et passionné, conquièrent par leur sincérité. Lou de Laâge enfin est merveilleuse ; chacune de ses apparitions illumine l'écran tant le bleu de ses regards est transperçant de sauvagerie et de naturel. Mettre le sport équestre à l'honneur sur le grand écran est une initiative louable et assurément lorsque la séance s'achève on n'a pas vu passer le temps. L'objectif de divertissement est donc largement atteint ! Cette fiction plaisante tient en bride les critiques négatives car les salles sont pleines et  le public au rendez-vous...

 

Jappeloup

Date de sortie : 13 mars 2013

Durée: 2h 10min

Réalisé par Christian Duguay

Scénario: Guillaume Canet
Avec Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil, Jacques Higelin.....
Genre: Drame

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 16:08

JVAC_COVER_ALL.jpgPar BSCNEWS.FR /  À l'aube du putsch des généraux français contre le général de Gaulle en 1961 à Alger,  "Je vous ai compris", film hybride entre cinéma et bande dessinée du réalisateur Franck Chiche retrace le destin de plusieurs personnages au cœur même de l´insurrection militaire.

En plus de situer les enjeux politiques et cruciaux de cette période, plusieurs portraits esquissent la complexité de cet événement historique qui a divisé, déchiré et laissé des  traumatismes de part et d'autre.  

"Comment raconter une histoire différemment sur des tablettes?" Voilà une des questions que s'est posé Frank Chiche. Soutenu par Arte et Casterman, l'auteur -réalisateur voulait parler de la guerre d'Algerie dans un film. Les moyens de production n'étant pas assez importants, devant l'impossibilité de reconstituer l'Alger  aux maisons blanches de l'époque et parce que la ville était un personnage à part entière, Frank Chiche a choisi de se tourner vers l'animation. Les budgets pour l'animation étant là aussi trop limités pour pouvoir faire des dessins avec des visages suffisamment expressifs pour    restituer les émotions du scénario, Frank Chiche a du se montrer original et inventer un nouveau genre. Ainsi, au carrefour du cinéma, de l'animation et de la bande dessinée , le procédé de tournage mis en place dans "Je vous ai compris" est du jamais vu.   "le film a été tourné sur fond vert et  nous avons peint directement les comédiens" explique le réalisateur, une sorte de rotoscopie à l'envers. De ce travail sont nés un film et une bande dessinée animée.  Frank Chiche explique que  cette histoire- même si elle dispose d'une version cinématographique dans un format "plus classique" - a d'abord été conçue pour les tablettes, qu'elle utilise donc le format de la planche bd  et "qu'il y joue de l'image fixe et de l'image animée". " C'est un outil de narration incroyable" ajoute-t-il. 

Le film, projeté en avant-première ce vendredi 01 février 2013 à la cinémathèque de la cité de la bd d'Angoulême, sera diffusé ce soir sur Arte à 22h10. L'épisode 1 de la série bd est déjà disponible gratuitement sur l'AppleStore. Une expérimentation singulière à découvrir. La trame narrative est assez intéressante, même si elle véhicule quelques clichés, et la performance technique est de qualité. 

 

" Je vous ai compris " de Franck Février - Film E-BD - Diffusion sur Arte le 1er Février à 22H10

 

> Télécharger l'application iPhone du film sur ce lien : https://itunes.apple.com/fr/app/je-vous-ai-compris-episode-1/id595312079?mt=8%C3%87a

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 22:44

alceste.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Quel exquis mariage que cette parenthèse tragi-comique à l'Ile de Ré, les cheveux ébouriffés de vent et les poumons gorgés d'air marin et de vers ! Alceste à Bicyclette aurait pu s'intituler aussi : "Et s'il faut par hasard qu'un ami vous trahisse, que ce soit cette nuit où vous seriez tant charmé par une italienne complice qui vous laisserait imaginer que vous êtes un être d'exception promis aux plus grandes tirades".

Philippe Le Guay rend un bel hommage à une des plus belles pièces de Jean-Baptiste Poquelin au moyen d'une mise en abîme délicate mais paradoxalement virulente et dont aucun des protagonistes ne sortira indemne. Fabrice Luchini y rayonne d'"effroyable" vérité, misanthrope au coeur fragile et trompé par la bonhommie mondaine de Lambert Wilson. Un film de facture classique qui s'inspire avec sensibilité et justesse d'un Classique ; rien de bien original mais pourquoi faudrait-il l'être toujours? Comme le dit si bien la chanson d'Yves Montand, à bicyclette, aux côtés de Serge, de Gauthier et de Francesca, on appuie sur la pédale, on freine, on se grise de mots et d'amour, on dérape, on regrette et l'on voudrait oublier...mais la victoire de l'atrabilaire aura son heure....même si elle est désenchantée, même si elle prouve que les Philinte ont raison de se plier au diktat des faux-semblants car la chair est faible et la loyauté trop pesante. Le pessimiste n'est pas celui qu'on croit; il sourit et accepte. Alceste , lui, est un optimiste; il tombe parce que le charme des illusions le trompe encore. C'est un idéaliste qui a souffert des courbettes des courtisans du roi Soleil, souffre avec une indicible pudeur en le comédien déchu Serge Tanneur sous les traits de l'innénarable Luchini, souffrera encore derrière le charme cynique de l'acteur médiatisé qu'incarne Lambert Wilson lorsque les masques tomberont. Célimène, Alceste, Philinte; Francesca, Serge, Gauthier ; Maya Sansa, Fabrice Luchini ,Lambert Wilson...trois trios au service d'une intrigue vieille comme le monde et que l'on apprécie de s'entendre encore raconter....

 

Titre: Alceste à bicyclette

Date de sortie : 16 janvier 2013

Durée :1h 44min

Réalisé par Philippe Le Guay

Avec Fabrice Luchini, Lambert Wilson, Maya Sansa....
Genre: Comédie

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 10:58

gilou.jpgPar Julie Cadilhac- Bscnews.fr/ Après des études de cinéma et d'arts plastiques, Thomas Gilou entre dans le milieu du 7ème Art d'abord comme photographe, opérateur puis assistant-scénariste. En 1979,son premier court-métrage ,General Lee et ses Teddy Boys,  met en scène une bande de rockers parisiens et en 1984, avec La Combine de la girafe, il décroche une nomination aux Césars.  Ce réalisateur français ,très connu pour sa trilogie à succès "La vérité si je mens" et son film Raï avec Samy Nacery et Tabatha Cash (qui a reçu le Léopard d'or au festival international de Locarno), est aussi l'auteur de documentaires émouvants et sensibles comme Paroles d'Etoiles qui plonge dans la mémoire de l'enfance et va à la rencontre de ceux qui, enfant juif lors de la seconde guerre mondiale, ont survécu, ou encore comme "Eclats de Cendrars" qui rend hommage à son grand-père maternel, l'écrivain Blaise Cendrars. Invité d'honneur du Festival des passeurs de lumière ( du 30 nov au 2 déc 2012), il sera présent lors de la projection de deux de ses productions: Michou d'Auber une fiction avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye qui narre l'histoire d'un petit Messaoud rebaptisé Michel par sa mère "adoptive" dans les années 60 troublées par la guerre d'Algérie et le documentaire Paroles d'étoiles. Nous avons eu le plaisir de l'entendre nous raconter quelques souvenirs d'école, ses regrets vis à vis de son évolution et d'écouter sa définition pertinente et passionnée du genre du documentaire.

 

Si vous deviez évoquer un souvenir personnel d'école, lequel serait-ce?
Ce serait mon professeur qui s'appelait M. Le Bihan, je devais être en 8ème à l'époque et cemichou.jpg professeur qui m'avait à la bonne - j'étais un peu le chouchou - et ça a été une bonne année pour moi; ça me changeait parce qu'à l'époque, c'était très sévère, les professeurs tapaient à coup de règles. Je me rappelle d'ailleurs d'une fois où une prof avait fait mettre à genoux un élève , elle prend la grande règle et ,en la levant, tape sur le globe de la lampe au dessus d'elle et tout lui tombe sur la tête! Tous les élèves étaient morts de rire et elle était furieuse. M.Le Bihan m'a inspiré le personnage du professeur dans mon film Michou d'Auber, c'est exactement ce personnage-là que j'ai retranscrit dans son histoire d'amour etc…c'est un personnage qui sort de la réalité.

 

Quel est votre regard sur l'école d'aujourd'hui?
Je pense que l'école ne marche pas en France. Il y a de grandes réformes à faire; il faudrait regarder vers la Finlande où l'on ne donne même pas de notes et l'on n'essaie pas de brimer les élèves mais on essaie de les encourager à bien faire. On ne stigmatise pas celui qui est en retard, on essaie de l'aider. J'ai des enfants que j'ai mis à l'école publique  et ça a été à chaque fois un peu catastrophique dans le sens j'ai constaté que l'on ne tentait pas de bonifier les élèves, qu'on les frustrait au contraire. En outre, les profs ne s'impliquent plus. M. Le Bihan était impliqué, il aimait ses élèves, aujourd'hui, la consigne c'est la distance, le recul, surtout ne pas développer l'affectif avec l'élève. Or l'élève - petit j'entends- a besoin de sentir qu'il est aimé par son professeur , pour lui faire plaisir, et sinon il n'apprend plus. Or aujourd'hui on n'aime plus donc ça ne marche pas.

 

Vous êtes nostalgique du système à l'ancienne?
Je n'ai pas une idée nostalgique parce qu'il y avait les coups de règle et puis il y avait les fois où l'on nous prenait par le cou et l'on nous passait la tête sous l'eau froide quand on était turbulent. Je dis simplement que l'éducation d'aujourd'hui n'est pas adaptée. Il n'y a pas de réflexion sur la pédagogie; il y a de plus en plus de vacances, ça oui! mais l'on ne parle pas de la manière dont on enseigne aux enfants, c'est dommage…

 

Si vous deviez citer une oeuvre littéraire que vous mettriez en lien avec l'école, laquelle serait-ce?
Je pense à la lettre d'Albert Camus dédiée à  son instituteur au moment où il reçoit le prix Nobel. C'est un texte magnifique sur l'éducation ; sur ce que l'on reçoit et ce que l'on peut rendre à un moment donné. C'est un échange, l'éducation, et c'est ce que fait Camus en remerciant en premier lieu son instituteur au moment où il reçoit ce prix prestigieux. C'est un des plus beaux textes qui soient sur l'éducation.

 

etoiles.gifVous êtes l'auteur d'un des volets du documentaire "Paroles d'Etoiles", quels souvenirs de cette expérience de réalisateur?
C'est une expérience très forte pour moi car j'ai recueilli les témoignages d'enfants déportés qui sont aujourd'hui âgés , mais qui sont toujours des enfants dans leur vision de cette époque-là; ils étaient obligés de se cacher parce qu'ils étaient traqués -parce que juifs- par les nazis et les français. J'ai appris beaucoup sur mon pays, sur cette époque , sur mon époque car c'est quelque chose qui est encore palpable. L'émotion était très forte et j'ai pu essayé de comprendre. Je parle d'ailleurs de transmission dans ce documentaire avec une scène qui se passe dans une école avec une classe.

 

Quels sont les ingrédients indispensables à tout bon documentaire selon vous?
On voit beaucoup de reportages à la télé ( certains sont biens) mais on voit peu de documentaire car le documentaire demande une démarche ,une réflexion, une construction, un cheminement et nécessite du temps. Je constate qu'on voit de moins en moins de documentaires et davantage de reportages qui sont des choses beaucoup plus immédiates, moins construites, moins structurées. Je le regrette un peu, j'aime beaucoup le documentaire comme les films de Raymond Depardon par exemple.

 

Comment expliquez-vous ce recul du documentaire par rapport au reportage?
C'est l'époque, la politique de consommation que l'on en fait…. et parce que, pour rentrer dans un documentaire, il faut se prendre par la main, il y a des personnages, une histoire qui est racontée : ça demande un effort d'attention, souvent il n'y a  pas de voix off ; on ne vous mâche pas le travail en tant que spectateur. Le documentaire a été conçu pour que vous ayez une place dans cette histoire, dans ce qu'on vous montre, et que cette place soit active, pas passive. On ne vous passe pas une moulinette et vous vous contentez de recevoir des visions; vous avez votre propre tri à faire, votre propre point de vue à défendre. Ce travail demande un effort supplémentaire et l'on est dans une époque qui n'aime pas ce type d'efforts. Ensuite, c'est une question de budget: pour un documentaire, il faut repérer , travailler en amont et travailler souvent pendant longtemps. Par exemple, dans le film de Nicolas Philibert, "Etre et avoir", le travail est énorme: celui de repérage pour trouver l'école, de tournage pendant une année. La disponibilité est conséquente. Ce sont des budgets qu'on ne peut pas avoir en télévision car le budget est très réduit. C'est donc aussi un problème de financement du documentaire qui explique ce recul du documentaire.
 
Vous êtes également l'auteur du documentaire "Eclats de Cendrars" :  y avez-vous fait un travail de "biographe", d'"autobiographe" vis à vis de votre grand-père maternel?
Je suis allé à la recherche de ce qu'il aurait pu me transmettre et qu'il ne m'a hélas pas transmis car il est décédé lorsque j'étais très jeune. A travers le dialogue avec ma mère et le retour sur des endroits où il a vécu, je retrace des "éclats" de sa vie. On peut pas résumer sa vie dans un documentaire d'une heure, c'est trop riche et trop vaste. Ce sont quelques bribes de sa vie. J'essaie de retrouver le personnage à travers ces lieux et ces voyages.

 

Quels sont vos projets en cours? La vérité si je mens 3 est sorti en février 2012...
Alors, oui, il y a eu La vérité si je mens 3 et puis là, je suis en travail d'écriture sur plusieurs projets. C'est un processus long, la fiction, qui demande de passer par le scénario. Ecrire un scénario original est un travail complexe et je suis donc dans cette phase-là..

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 17:37

Stevenin.jpgPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Faut-il encore présenter l'impressionnant et passionnant personnage qu'est Jean-François Stévenin? Dirigé par François Truffaut, André Téchiné, Jacques Rivette,Jean-Pierre Mocky, Jean-Luc Godard, Bertrand Blier, Alexandre Arcardy, Laetitia Masson, René Féret et tant d'autres, il est une figure incontournable du cinéma français. Polars, films d'auteurs, intimistes, populaires ou à grand public, téléfilms et à l'affiche même de quelques productions américaines, son expérience cinématographique est d'une grande richesse. Cet admirateur de John Cassavetes est également réalisateur de trois fictions : Passe-Montagne, Double messieurs et Mischka.  Exigeant, généreux et soucieux d'authenticité, Jean-François Stévenin n'a réalisé seulement que trois films car, comme il le dit lui-même, chacune de ses productions nécessite un investissement obsessionnel et exclusif. Le cinéaste y met souvent en lumière avec tendresse, humour et beaucoup de sensibilité, ceux qui sont d'habitude dans l'ombre.
 Lors du Festival des Passeurs de lumière dont il est le parrain pour l'édition 2012, seront projetés ,en sa présence, L'argent de poche de François Truffaut dans lequel il incarne le rôle d'un professeur et Mischka, l'histoire d'un vieil homme délaissé sur une aire d'autoroute par sa famille qui atterrit dans un sinistre maison de retraite et auquel un garde-malade propose de quitter les lieux… "Eh bien alors Jean-François! Toujours d'attaque? Toujours sur la brèche?…" , aurait pu demander Louis-Ferdinand Céline. Séduits par la bonhommie et l'humour du personnage, nous sommes heureux de partager avec vous une rencontre vivante et riche d'anecdotes enthousiasmantes!


Le Festival des passeurs de lumière a pour thème "L'école en images": si vous deviez citerL-argent-de-poche--affiche.jpg une oeuvre littéraire en lien avec l'école ; laquelle serait-ce?
"Mort à crédit" de Louis Ferdinand Céline : l'auteur raconte son enfance autour de 1910 à Paris d'une façon tellement sensible et percutante qu'on est obligé d'adhérer; l'oeuvre fait écho à des choses qu'on a pu vivre. Elle donne notamment des indications sur les méthodes et les postures vis à vis de l'école, qui sont d'ailleurs toujours les mêmes : les parents qui s'inquiètent, le môme qu'on envoie en Angleterre pour qu'il apprenne et qui n'a rien envie de foutre…


Quel élève étiez-vous?
J'étais un gros tricheur finalement parce que j'étais profondément rebelle mais ça ne se voyait pas. J'avais un père ingénieur des Travaux Publics et une mère institutrice, j'étais fils unique et ils me cadraient très fort à la maison…. et plus j'avançais, plus je trouvais que le système était une escroquerie totale ! c'est à dire que lorsque je suis arrivé dans une petite ville dans le Jura en 6ème, j'avais envie d'apprendre et de faire des choses et puis au fur et à mesure du collège, l'espoir a disparu et je me suis aperçu que c'était la fin de tout: on apprend aux enfants à passer entre les gouttes, c'est à dire qu'on leur apprend qu'il faut avoir la moyenne pour passer alors que je sentais confusément, à l'époque, que c'était une grosse connerie car dans la vie, c'est pas comme ça. Si vous avez un restaurant et qu'on vous dit que c'est très moyen, c'est pas bon. Un journaliste qui écrit des trucs passables, ça ne va pas. Je sentais qu'on allait me driver pendant six, sept ans qui me semblait interminables , pour arriver dans une dialectique qui n'était pas du tout celle de la vie. J'avais donc choisi d'être un "bon élève": j'ai eu le bac au rattrapage avec 0,1 en plus et après mon père n'a rien trouvé de mieux que de me coller en Maths sup, je me suis tiré au bout d'un an parce que j'étais littéraire à fond… après, préparation HEC, deux ans de Lycée du Parc (et là, c'était bien car le samedi et dimanche, je pouvais aller au cinéma sans arrêt à Lyon qui est vraiment une grande capitale de cinéma). Je suis ensuite rentré à HEC à Paris. Mon idée, pour l'école, c'était qu'il fallait mieux sortir par le haut, parce qu'en plus, je n'étais pas doué pour les travaux manuels et qu'à l'époque  tous ceux qui n'avaient pas le bac étaient considérés des crétins…aujourd'hui, ça change, on réalise qu'il est peut-être mieux de s'orienter avant le bac si on n'est pas fait pour ça, mais moi je me disais qu'il fallait sortir par le haut pour m'arracher de la province et puis découvrir des choses à Paris. En allant à HEC, j'ai ainsi pu fréquenter Paris et après , adieu la banque! adieu les espoirs paternels! j'ai tout plaqué pour devenir stagiaire dans le cinéma à 50€ par semaine.


Dans l'Argent de poche de François Truffaut, vous jouez le rôle d'un professeur…quels souvenirs de cette interprétation?
Magnifique; j'avais déjà fait plusieurs films avec François et c'est vrai, j'étais un peu la dernière roue du carrosse à l'époque; je l'ai connu sur La sirène du Mississipi. Après j'étais branché avec Rivette, avec Rozier puis Truffaut m'a fait rappeler pour que je fasse Le domicile conjugal où j'étais assistant. Puis il y a eu La nuit américaine, chacun y jouait son propre rôle, moi, j'étais premier assistant dans la fiction et dans la réalité, j'étais le second assistant et je n'avais pas l'impression de jouer  puisque le patron jouait lui-même son propre rôle. François voulait faire participer certains membres de l'équipe à cette fiction et moi, je participais sans me poser de questions. Quelques années plus tard, l'Argent de poche, c'était plus sérieux et même si Truffaut disait que c'était un film mineur, un film de souvenirs d'enfance, il m'avait confié "Vous qui êtes le seul rôle adulte, ça ne m'étonnerait pas qu'on vous appelle un jour!". Et il avait raison car après c'était parti!


Comment avez-vous construit ce personnage?
C'est François qui avait construit ce personnage du professeur mais parfois je posais des questions: je trouvais bizarre, par exemple, qu'il y ait un long monologue à la fin alors que toutes les séquences duraient 45 s en général ; je trouvais étrange la façon dont je devais m'exprimer , par rapport au ton du film, et  là Truffaut m'avait répondu " Mais c'est comme ça que vous parlez Jean-François! ", ce qui veut dire qu'il m'observait quand même et qu'il écrivait des dialogues qui pouvaient m'aller. Je n'avais qu'à jouer avec une grosse sincérité finalement. C'était son élégance à lui; il ne m'a jamais pris la tête en m'expliquant la psychologie de ceci ou de cela mais simplement moi j'avais des petites envies qu'il me laissait improviser complètement. Mais attention, sans me dire "Allez-y , vous êtes formidable", ce n'était pas le genre.


En quelques mots, combien définiriez-vous le réalisateur François Truffaut avec qui vous avez travaillé de nombreuses fois?
L'élégance, oui. Je m'en suis aperçu après. Sur le moment, j'avais l'impression qu'il se moquait un peu de tout, on terminait souvent une demi-heure avant la fin de la journée, on tournait des petits plans…moi , à l'époque, j'étais plus fan de réalisateurs américains comme Cassavettes;  je n'étais pas du tout épaté par ce qu'on faisait et je ne me suis aperçu qu'après que ,question direction,François Truffaut était assez formidable parce que justement ,sans jamais le dire ni le montrer , il nous faisait faire plein de trucs.
Je me rappelle dans l'Argent de poche de la séquence où ma femme accouche: j'arrive en retard,les gosses chahutent et j'avais simplement demandé à François de pouvoir partir de l'escalier d'en bas, de ne pas être dans la salle de classe avant de tourner…voilà le genre de truc qui aurait pu être considéré comme un caprice d'acteur sérieux plutôt que d'être là ,au garde à vous, dans la salle de classe en attendant le clap. J'avais dit que j'avais besoin de monter l'escalier, que cet élan allait m'aider et Truffaut m'avait répondu  "pas de problème". Alors j'entendais le clap et , à l'époque, on tournait en 35 donc il fallait que je monte super vite et, une fois dedans, j'ai improvisé tout un tas de trucs…parce que Truffaut avait dit, "allez-y et on verra bien ce qui se passe". Cela donnait une liberté totale sur le moment! Juste après, parce qu'on avait fait plusieurs prises, il n'avait pas cité ce qui n'allait pas mais plutôt ce qui était bien, du genre "Regardez le coup de la craie, quand vous la cassez, c'est intéressant ça." François Truffaut prenait, mine de rien, ce que j'avais comme jus à donner, sans jamais mettre de la pression sur l'épaule…mais en réalité il en mettait une énorme de pression puisqu'il disait "on va voir ce qui se passe"!


Comment êtes-vous entré dans le cinéma?
Par Jimmy Hendrix ( rires). Un copain m'avait emmené voir son premier concert à l'Olympia et comme ça tardait pour rentrer, je discutais avec une de ses amies qui était la jeune Elisabeth Rappeneau et je lui racontais un truc qu'on vit tous, que j'avais envoyé pendant trois ans des lettres à toutes les productions sans réponse, que moi, je n'avais pas besoin d'argent ni rien , que je balaierai le plateau s'il le fallait… bref tous les poncifs du genre. Quelques mois après, elle était scripte sur un film d'Alain Cavalier qui s'appelle La chamade et elle entend dire que la production cherche un stagiaire de choc - pour ne pas payer un second assistant , on faisait déjà des économies à l'époque - et elle parle de moi. Je rencontre alors Alain Cavalier et Florence Malraux, fille dAndré Malraux, première assistante, et je leur ai expliqué que je n'avais pas du tout le profil de l'emploi puisque je n'avais participé qu'à un film à Cuba comme observateur et que je sortais d'HEC et Alain Cavalier m'a dit un truc formidable "Jean-François, on va quand même essayer!"


Outre votre métier d'acteur, vous avez réalisé trois films: quels sont les ingrédients indispensables d'une bonne fiction selon vous?
D'abord une grosse santé. C'est le point commun à tous les réalisateurs. Un film, c'est un long trajet qui peut durer un an ou deux. Ensuite, je pense qu'il faut arriver à une sincérité par rapport au projet et puis - et ça c'est très personnel-  il faut arriver à ce que l'obsession du film que l'on veut monter devienne irréversible, c'est à dire que plus rien ne compte, ni la famille, plus rien du tout, on est absorbé; c'est la folie qui vous guette, complètement, si vous ne faîtes pas le film. Il faut arriver à un point de non-retour. C'est particulier à moi; ce n'est pas du tout le cas pour François Truffaut ou Jean-Pierre Mocky par exemple. J'ai besoin de ça et c'est pour cela aussi que je fais si peu de films.


Votre meilleur souvenir de réalisateur?
A chaque fois, c'est le mixage , qui fait décoller le film ou pas. Le dernier film pour lequel l'on avait des projets de production, on est resté cinq semaines dans l'auditorium avec Dominique Dalmasso et Olivier Goinard et c'était un moment béni….les six, sept mois de montage d'un coup peuvent faire décoller le film…il y a des films où ça n'est pas tellement important; quand vous voyez par exemple tous les téléfilms où il n'y a pas de son, les acteurs parlent etc… c'est de la cuisine très simple: un plan large, deux gros plans, des champs, des contre-champs. Moi je suis loin de tout ça et je pense que pour qu'un film puisse s'envoler un peu, il faut qu'il y ait une espèce de magie entre l'image et le son qui fait qu'on est emporté.


Vous évoquiez la famille précédemment. Vos enfants sont tous également acteurs…l'école du cinéma est une école exigeante mais terriblement séduisante? le père a réussi à transmettre cette idée-là?
Je ne l'ai pas fait exprès. Je ne les ai jamais présentés à qui que ce soit, ni téléphoné à personne mais simplement Sagamore a fait un film avec moi quand il avait 7 ans, comme ça, parce qu'il fallait un gamin. Robinson a fait un film qui s'appelait La révolte des enfants où il avait 8 et demi, c'était le benjamin d'une école disciplinaire à la fin du siècle dernier et avec ça il a ramassé le prix du Festival de la jeunesse…et depuis il n'a pas arrêté. Salomé, on avait tourné un truc ensemble assez dur: Peaux de vaches de Patricia Mazuy. C'était un peu compliqué car elle n'avait que 3 ans….et puis moi ,surtout, éduqué un peu par Truffaut, j'avais l'habitude de protéger les enfants un maximum et après le tournage, Salomé ne voulait plus entendre parler de cinéma. Le film, c'est une chose mais le tournage, c'est la vie réelle, se lever tôt, être en bagarre avec des scènes violentes… et pour une enfant de 3 ans, c'est hyper dangereux. Et puis , un jour, en accompagnant son frère à un casting, on l'a repérée et elle s'y est remis spontanément!


Dernièrement, vous avez tourné le Renard Jaune, un film policier de Jean Pierre Mocky dans lequel vous jouez un rôle d'inspecteur? Une anecdote à raconter?
Une anecdote oui! Jean Pierre Mocky à lui tout seul est une anecdote! (Rires) Le Renard Jaune est un long métrage qui devait se faire exceptionnellement en 10 ou 12 jours, finalement on l'a fait en 8 jours et je peux vous dire que les gens ne viennent que parce que c'est Mocky.  Sur le plateau, il y avait mon fils Robinson, Béatrice Dalle, Claude Brasseur, Mickael Longsdale , des acteurs comme ça qui viennent juste parce que ce cinglé de Mocky les attire. Il y a un casting de fou pour un truc qu'il a saboté en 8 jours…ce cinéaste ne ressemble à personne mais on a tous galopé pour aller sur le film.


Quels sont les derniers rôles que vous avez endossés?
J'ai joué dans Les Beaux Jours réalisé par Marion Vernoux ; c'est un excellent souvenir de tournage, l'héroïne c'est Fanny Ardant et je pense que ce sera un super film! Le personnage qu'interprète Fanny vient d'arriver à la retraite et ses filles l'inscrivent dans une sorte de club du troisième âge où l'on fait de la poterie, du yoga, du théâtre…et moi je fais parti de l'équipage du 3ème âge , je joue quelqu'un qui est un peu fasciné par elle. Je viens également de participer à un très beau film dans le Limousin qui va s'appeler Grand Tour; c'est un moyen-métrage d'une réalisatrice belge qui se nomme Marie-Eve de Grave. C'était en cinémascope en plein milieu des forêts du Limousin. Et enfin, je jouerai dans un film d'Eric Barbier prévu pour fin janvier avec Yvan Attal, Joey Star.


Des projets de réalisation d'un film?
Il y a trois ans j'étais dans l'adaptation d'un livre qui se nomme Le meunier hurlant d'Arto Paasilinna avec une production qui était un peu indélicate et l'argent qu'on avait réuni s'est un peu "évaporé". J'étais à la moitié du scénario et ça m'a mis à plat, plus envie de rien pendant un moment et puis là, je suis reparti sur un truc avec un jeune producteur que je connais bien et j'écris donc un scénario.


Le Festival des Passeurs de lumière met en avant le film documentaire… est-ce un genre que vous prisez?
Je regarde pas mal de documentaires et dès que ça parle un peu des gens et que ce n'est pas de la fiction, ça m'intéresse. J'aime beaucoup l'émission de Frédéric Lopez , Rendez-vous en terre inconnue, sur France 2. On est sur du vrai quand c'est fait par des gens compétents, on arrive comme ça à voyager.


Avez-vous déjà songé à faire un documentaire?
J'ai un projet, qui pour des raisons de production, s'est un peu arrêté mais que j'aimerais bien continuer.  On avait suivi avec ma fille Salomé, qui tenait la caméra, toute la tournée des Grands Stades en 2003 de quelqu'un que j'aime beaucoup et qui est venu jouer dans mon film Mischka, Johnny Hallyday. C'est un truc en cours que j'aimerais continuer. L'autre jour, avec Salomé justement, on était à Londres au Royal Albert Hall où Johnny Hallyday faisait deux concerts et c'était absolument fabuleux. Mais il n'y aurait pas de blabla, pas de questions, pas d'interviews mais ce serait simplement suivre un peu la "bête".

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 17:40

 

19706160.jpgPar Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ Voilà un film de grande qualité que ce soit par les thèmes qu'il aborde avec  respect et intelligence que pour l'excellent casting qui le compose. Six fois nominé au Festival de Cannes et ayant reçu six prix des Nastri d'Argento (Prix de la presse italienne), la presse et le public se sont rejoints en ce sens.  Habemus Papam est la locution latine prononcée par le cardinal protodiacre depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre au Vatican lorsque le Conclave a désigné un nouveau Pape. Si l'on vous désignait pour être l'évêque de Rome, le successeur de Saint-Pierre, le premier représentant sur terre d'une église de plus d'un million trois cent mille fidèles, ne seriez-vous pas étreint par une angoisse terrible?

Sauriez-vous supporter le poids d'une telle responsabilité? Pour Melville, ce n'est plus simplement une question hypothétique, c'est une réalité qui l'a terrassé suite à un très long vote du Conclave. Déboussolé depuis cette nomination, il a perdu tous ses repères  et n'arrive pas à endosser son nouveau rôle. Les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l'apparition du nouveau souverain pontife et les cardinaux qui l'ont élu sont fort inquiets. Pourquoi Melville réagit-il ainsi? Fait-il une dépression? Est-il simplement angoissé? Pense-t-il qu'il ne sera pas à la hauteur? Un film émouvant qui réfléchit sur la notion de vocation. Sommes-nous tous capables d'être un berger? Certains ne vivent-ils pas plus sereins lorsqu'ils se savent guidés? Nanni Moretti choisit de montrer les choix courageux et responsables d'un homme face à son destin. Usant d'un style presque documentaire, il suit pas à pas un Homme qui ne voulait pas être pape mais aimait passionnément le théâtre. Michel Piccoli est désarmant de sincérité et de fragilité dans le rôle de Melville et ses acolytes cardinaux sont tout aussi touchants par leur humanité. C'est un film qui nous invite à savourer chaque seconde passée, libre, à flâner dans la rue. On aime se promener avec Melville dans les rues de Rome, s'asseoir à table avec des inconnus et les écouter vivre avec un oeil bienveillant. Un long métrage qui rappelle tout le revers des titres honorifiques et nous incite à trouver notre propre définition de la vie idéale. On aime aussi le choix du réalisateur Nanni Moretti de faire entrer au Vatican un athée ,néophyte aux protocoles ayant lieu entre ces murs. En découlent des comiques de situation fort plaisants et.... n'est pas plus malin celui qu'on croirait!  Ce psychanalyste divorcé, mettant ses talents au service d'un Vatican désarmé , initiant  les cardinaux du monde entier au volley, organisant des tournois, fait office de dose d'humour subtile. Mais on applaudira surtout cette capacité remarquable de traiter d'un sujet religieux sans provocation, sans animosité....avec déférence. Habemus Papam parle de ce que nous sommes, outrepasse les clichés et sera apprécié par tous ceux qui ont élu la tolérance comme mode de conduite et de regard vis à vis d'autrui.

 

Titre: Habemus Papam

Réalisateur: Nanni Moretti

Avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr, Renato Scarpa, Franco Graziosi, Margherita Buy...

Date de sortie cinéma: septembre 2011

En DVD le 8 février 2012.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 23:22

19819686.jpgPar Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ Benoît Poelvoorde en loustic séducteur un tantinet lourdaud et Isabelle Huppert en bourgeoise intello coincée sont si drôles et si naturels qu'on finit par se demander où commence le rôle de composition et on savoure le moment où les clichés s'effeuillent pour offrir le vrai visage de ces deux personnages...

attachants. Oui, le couple d'acteurs fonctionne terriblement bien et additionné au scénario enlevé et à un texte de bonne teneur, Mon pire cauchemar est une comédie fort divertissante. Jouant sur l'opposition viscérale entre deux êtres que rien ne destinait à vivre ensemble, l'histoire expose  les démêlés récurrents ( et tordants) entre Agathe -qui dirige une galerie d'art très chic- et Patrick -qui vivote avec des petits boulots pas toujours reluisants. Ajoutons-y pour relever la sauce un mari ( André Dussolier) désireux de nouveautés sensuelles, une employée de bureau Feng Shui, deux adolescents complices et on obtient un cocktail inattendu et... détonant! Quand le brut s'entrechoque avec le raffiné, le quotidien explose, les pulsions se déchaînent, les mots se libèrent et l'on est surpris de trouver de la poésie là où, précisément, on n'en attendait pas. Un long métrage de la talentueuse réalisatrice, Anne Fontaine, qui donne à cette comédie légère une teneur délicieuse...

 

Titre: Mon pire cauchemar

Réalisateur: Anne Fontaine

Avec Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussolier...

Date de sortie: Novembre 2011

La bande annonce du film ici!

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 00:00

La-guerre-est-declaree.jpgPar Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ Lumineux. Un adjectif qui n'aura rien d'original pour tous ceux qui ont eu l'idée brillante de découvrir cette émouvante histoire. En effet, l'apitoiement, la morosité, le désespoir sont terrassés dans ce film éclaboussé d'amour, de candeur délicieuse et même de rires au sein même de la réalité éprouvante des hôpitaux, des traitements chimiques et des opérations interminables. Roméo rencontre Juliette, un cliché presque ridicule au coeur de la vie parisienne. Roméo aime Juliette, ils sont beaux, jeunes, pleins de fougue et de projets impossibles et leur bonheur semble insubmersible. Jusqu'au jour où la réalité frappe comme une gifle fulgurante et renverse tous les rêves d'un revers de la main...En vrac, parce que les émotions roulent par vagues dans ce petit chef d'oeuvre d'amour et de justesse, on aime les couleurs de chaque image, les respirations habilement amenées ( on prend un bol d'air régénérateur devant cette calanque agitée, on partage le bonheur indicible des parents devant les rouleaux de la Méditerranée); on aime aussi le naturel et la simplicité qui balaie tout au risque de surprendre voire de choquer, la complicité des deux acteurs principaux, d'une justesse terrifiante (Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm),  et tous les clins d'oeil au monde du théâtre: les gestes millimétrés et synchronisés de Roméo et Juliette selon les heures, la voix d'un narrateur qui "dit" des didascalies, certains tableaux qui se regardent comme des plateaux lors de l'attente, par exemple, des résultats de l'opération d'Adam. C'est un film porté par une énergie communicative, un conte plein d'espoir et de courage à prescrire assurément...il a d'ailleurs été choisi par le CNC pour représenter la France pour la sélection du Meilleur Film Etranger pour la 84ème cérémonie des Oscars de 2012.

 

 

Titre: La guerre est déclarée

Réalisatrice: Valérie Donzelli

Avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, César Desseix, Gabriel Elkaïm, Michèle Moretti, Bastien Bouillon....

Au cinéma le 22/08/11.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 11:56

19764861.jpgPar Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ Quel plaisir de revivre le récit espiègle de Louis Pergaud dans lequel les enfants intrépides de Longeverne livrent une guéguerre sans fin aux mômes teigneux de Velrans. Quel bonheur de respirer dans la campagne française, d'être rabroué par des accents aux rrr qui roulent et de revivre un temps béni où se battre rimait avec colle du soir et non pas avec exclusion provisoire, où être un dur, c'était supporter les genoux saignants et les réprimandes rugueuses des parents...Quelle joie de redevenir un gosse terrible en compagnie de Lebrac, Lanterne, Grangibus et Tigibus, Camus,Lacrique...! Oui, assurément, le film de Yann Samuel, s'il patine un rien les premières minutes, est pétillant à souhait! En premier lieu, grâce à la présence d'un casting de garnements au jeu irréprochable et d'adultes qui savent rester à leur place dans un film en hommage à l'enfance. Mathilde Seigner incarne avec beaucoup de justesse le rôle de mère revêche au coeur fondant de tendresse, Fred Testot est un curé d'une grande drôlerie et les confrontations d'Alain Chabat contre Eric Elmosnino ne manquent pas de piquant!

Vive les attaques au lance-pierre où les projectiles sont des prunes pourris et où les prises d'otage se soldent par des arrachages de boutons! Un bol d'air frais au pays de l'innocence à ne pas manquer!

 

Titre: La guerre des boutons19775518.jpg

Réalisateur : Yann Samuel

Long métrage français

Durée: 1h49

Année de production: 2011

Avec Eric Elmosnino, Mathilde Seigner, Fred Testot, Alain Chabat,Vincent Bres, Salomé Lemire, Theo Bertrand,  Tristan Vichard....

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