"C'est toujours ce qui se passe dans la vie: on s'imagine jouer son rôle dans une
certaine pièce, et l'on ne soupçonne pas qu'on vous a discrètement changé les décors, si bien que l'on doit, sans s'en douter, se produire dans un autre spectacle" Milan Kundera ( Risibles
amours)
J'en arrive à remettre en question mon objectivité lorsque je commente des films dans lesquels Philip Seymour Hoffman tient un rôle majeur. Il
faut bien reconnaître qu'immédiatement cet acteur séduit par sa justesse. Capable d'interpréter des rôles violents aussi bien que bonhommes, à l'aise à la comédie aussi bien qu'au drame, voilà un
acteur complet!
Dans cette tragi-comédie, il interprête, Jon, le rôle d'un fils et d'un frêre avec , paradoxalement,
beaucoup de tendresse et de détachement. Sa soeur Wendy , incarnée brillamment par Laura Linney, est une jeune femme en quête d'une bourse d'écrivain et asujettie à une relation
adultère qui ne l'épanouit guère.
Un matin, Wendy et Jon apprennent le décès de la compagne de leur père. Difficile pour eux de prendre en main un homme qu'ils ne cotoyaient presque
plus, au vu de l'enfance difficile qu'il leur avait fait passer.
Voilà le temps (forcé) de retrouvailles courtes et rudes où il faut accepter la déraison progressive d'un père sénile et retenir la culpabilité de ne pas vouloir s'en occuper à plein
temps.
Un film dont l'intérêt est dans la peinture des âmes: le portrait d'une femme peu sûre d'elle et qui se
sur-médicamente pour éviter de penser, celui d'un professeur d'université brillant qui renie ses sentiments pour sa jeune compagne polonaise de peur de reproduire, peut-être, un schéma familial
traumatisant et celui d'un père fatigué qui entrevoit sa fin.
Oui, La Famille Savage est un poignant portrait de famille qui évite avec beaucoup d'intelligence les clichés du pathos.
Coup de coeur d'abord pour la qualité du dessin de ce clip d'animation...et puis la chanson est légère mais amusante!
Agréable et fraîche comme une pause café!
Clip sous la direction de Stephanie Marguerite & Emilie Tarascou / musique d'Oldelaf & Mr D / France / 2007 Too much coffee can be dangerous! Produced by Ecole des Métiers du
Cinéma d'Animation (EMCA).
Gratum Studium! Voilà un site qui ne paye pas de mine mais qui a l'avantage de plaire aux ados par son accessibilité et sa partie - jeux bien
fournie!
Gratum Studium organise même des concours en ligne d'orthographe, de
grammaire, de déclinaisons latines! Les visiteurs s'y multiplient et si ce site est très utilisé par les professeurs de
latin, nous ne sommes plus au Moyen-Âge, plus d'apanage qui tienne : chacun est libre d'y surfer!
Allez consulter notamment les quizz de la partie latine...ceux sur la
mythologie sont particulièrement bien faits!
Gratum Studium, un moyen interactif et amusant de réviser!
Amateurs de philosphie, cet hors-série jeux est pour vous!
De la philosophie antique à la philosophie contemporaine en passant par le Moyen-Âge
et la philosophie moderne, Le Monde entend bien vous faire réviser quelque peu vos classiques!
Et ce recueil s'assortit d'anecdotes amusantes, de réponses documentées et
d'illustrations attrayantes.
N'hésitez-pas à vous le procurer, ce support est à la fois ludique, didactique et il
dépoussière notre vision de la philosophie.
Test:
- Quel philosophe antique cracha au visage du tyran , avant de mourir sous la
torture, sa propre langue qu'il s'était coupée?
- Savez-vous qui répondait aux questions en se contentant de remuer le petit
doigt?
- Qu'est-ce que la métempsychose?
"Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus"
( Freud)
.........................il suffit de les réactiver!
Dans la rue de pavés glissants ( oui, l'image est revue mais diablement
réaliste pour tous ceux qui s'y sont risqués) qui précédait celle, deuxième à droite, de l'imprimerie où elle avait rendez-vous, Ophélie chantonnait en elle-même de vieux refrains entendues le
matin à la radio et qui devenaient de véritables mélopées de victoire où elle se faisait amazone prête à conquérir le monde littéraire.
Se laisser guider par la fluidité du dire spontané: plus le temps avançait, plus elle
se sentait proche de l'écriture automatique prônée par les surréalistes. Elle lui semblait un mode poétique aux nouveaux-nés surprenants, une impulsion efficace aux vagissement souvent
éclairants. Elle en appréciait sa qualité arbitraire, son rugissement vagal d'enluminures d'encre. Ecrire relevait d'un devoir pour ophélie: celui qu'elle se devait à elle-même, son
auto-justification. Elle faisait crisser la page, tatater le clavier pour matérialiser toutes les élucubrations fantaisistes auxquelles se livrait son âme pervertie.
Elle avait toujours ressenti cette vérité si illisible
aux ennuyeux rationalistes de la pensée humaine: le signifiant des mots
représentait la majorité du sens que l'on voulait donner à une phrase.
Une parole sensitive, sensible, révélatrice dans le rapprochement de phonèmes de
vérités enfouies.
L'observation volontairement candide et étonnée des êtres et des choses l'avait
conduite à tâcher de reproduire la réalité grâce à des effets auditifs ou visuels plutôt que de le formuler grâce à des argumentaires bien structurés: fervente disciple des Allitérations , elle
suivait aussi les cours magistraux passionnants de bons nombres de rimailleurs et maîtres des contrepèteries.
Comme une bougie permet de son halo modeste d'éclairer le salon d'une maisonnée enveloppée d'une robe de satin noir, une association esthétique de mots peut guider avec justesse et précision son
lecteur sur le chemin d'une démarche réflexive.
Elle était d'humeur catachrésique...
Une petite vieille replète qui
s'abritait sous un porche lui sourit en une grimace complice de dentier reconnaissant, un sac à
filets vert que tenaient fermement deux vieilles mains bellement ridées mais tenaces. Une maman pressée et son marmot look petit breton imper jaune, bottes de pluie marin qui s'amusait à patauger
à grands cris dans toutes les flaques que sa tant aimée prenait le soin d'éviter. Un chien mouillé, des prospectus maculés de graisse et de cambuis qui gisaient au dessus de la bouche à égoût qui
leur tendait des bras accueillants mais contrariés par une grille revêche qui ne l'entendait pas de cet oeil-là. Les trois petits cochons, Blanche-Neige ou presque et La mère l'Oye. Et puis
un Voltaire inquiet , un Diogène modernisé, trois Grâces....Romain aussi, elle crut le voir traverser les vitraux de l'église qu'elle venait de longer. Il serait fier d'elle peut-être
maintenant, la regarderait autrement, l'empêcherait de le quitter une nouvelle fois avec ferveur....Plus jamais cette flegmatique et paresseuse résignation blessante qui l'avait confortée
dans l'idée qu'elle ne valait pas la peine qu'il se batte pour elle, qu'il tente de garder auprès de lui sa présence équilibrante et salutaire à son âme blessée.
Il s'approcherait là et se pencherait pour remonter le col de mon manteau - manie
tant chérie de moi, l'amante agacée- puis me sourirait avec connivence, m'entraînerait dans un pub non loin et me presserait de tout lui raconter, tout, tu m'entends...Je veux tout
savoir.
Oui.... si elle le croisait, là, qu'est-ce qu'il se
passerait?
Toujours le même rêve depuis quelques semaines, inexorablement, un rêve
évanescent et sucré qui s'insinuait dans ses veines et la plongeait dans un état d'ivresse extatique:
Etrange cadre plein de soleil et de verdure qui dénotait des paysages hivernaux qui peignaient l'arrière-plan de tous ses souvenirs avec Romain.
Elle croyait y entendre, à chaque fois, une musique en sourdine au loin
...pleine d'entrain...au rythme d'un accordéon leadeur qui entraînait dans sa course une troupe festive de paysans au travail dans les champs.
Des companules mauves abaissant leurs têtes clochettes sont une révérence
silencieuse et troublée de la nature muette devant la force de l'amour de ce couple qui apparaît soudain dans son esprit...Silhouette vaporeuse enlacée puis délacée dont les contours en se
définissant la laissent troublée: elle les reconnaît. Ce sont eux.
Le bruissement fragile de la jupe à volants de dentelle blanche d'Ophélie
fait frisonner l'âme de Romain, le seul à qui elle ait jamais donné le droit de traverser son jardin secret...elle avance pas à pas, avec précaution et presque à regret au milieu d' herbes hautes
et sauvages qui l'entourent d'une vague douce, fluctuant avec la brise printanière qui caresse sa blondeur de blé. Elle se sent légère au milieu de cette nature vivante...et elle n'ose se
retourner, telle Orphée ramenant Eurydice des Enfers, effrayée qu'il s'évanouisse derrière elle, fébrile à l'idée de briser le charme de cette promenade bucolique uniquement troublée par les
rumeurs champestres...Elle entend le vent, saisit des épis ensoleillés et roux, se laisse bercer par les parfums bruyants des fleurs sauvages.
Il la suit, ému de se sentir alors comme à l'aube des temps, à la naissance des
sens et
de la signification réelle du monde. Balade synesthésique de l'âme
.
Elle est , il le sait, son unique réponse, son onguent magique contre les
maux, sa lumière, ses mains, sa parole, son coeur...
Il décide de s'allonger avec langueur sur un tapis d'herbes fraîchement
coupées, respirant l'odeur douce des foins qui ont séché au soleil et diffusent leurs âmes dans la fraicheur caline d'une soirée d'été...
Elle , se retourne, ne percevant plus sa présence rassurante, ses pas
précautionneux et étouffés qui la suivent religieusement , et ,au spectacle charmant du paresseux aimé dans le nid herbeux qu'il vient de se confectionner prestement, feint une moue agacée
mais amusée...
Il lui fait signe de s'approcher de lui, sourit de
ses hésitations à se positionner vis à vis de son corps à lui, attentif et réceptif. Elle finit tout de même par inventer une position qui lui convient :à genoux, reins cambrés , les mains
jouant avec les revers travaillés de son jupon, elle expose son visage serein au soleil et ferme doucement les yeux en un soupir bienheureux. Alors,il lui prend passionnément le visage entre ses
doigts d'abord tendres, puis, trés vite, joueurs qui glissent lentement le long de son cou, dessinent des courbes lascives sur ses épaules et son dos et s'attardent sur ses reins...Les soupirs
d'ophélie lui donnent plus d'audace et il l'attire tout contre lui, leurs deux corps glissant l'un sur l'autre...leurs jambes s'entremêlent , leurs souffles et leurs langues se font plus
pressants et entreprenants...ses yeux noirs plongent dans ses prunelles noisettes, les pupilles se dilatent sous l'effet du désir et lorsque les mains de Romain s'aventurent sous son jupon, elle
déboutonne sa chemise en signe d'accord tacite....
Il s'agit d'un coffret amusant en forme de sac en main doré surimprimé de motifs à
fleurs de velours noir. A l'intérieur, 10 cartes design évoquant le sac à main.
Des citations au dos:
" Ma mère et ma grand-mère transportaient toutes leurs vies dans un sac à main.
Ainsi, elles pouvaient faire face à n'importe quel imprévu!" Anonyme.
"C'est l'accessoire de mode invisible, inoubliable et suprême qui annonce votre
arrivée et prolonge vitre départ". Coco Chanel.
J'adore ces chaussures de Robyn Johnson.
Dans une boîte à chaussures, des jolies cartes postales affichant debeaux
escarpins...et deux recueils , l'un qui reprend
le thème des chaussures, l'autre celui
du sac. A l'intérieur, des illustrations qui relatent l'histoire de la mode au travers de
ces accessoires, agrémentées de citations et de textes explicatifs.
Voilà un bon moyen de satisfaire les accros à la mode! et d'une façon "
cultivée"!
Encore un livre qui nous plonge ( déjà!) dans l'univers de Noël.
Conçu par L.Van Ruymbeke, A.Clarisse et M.Rigaudie, L'école des
Lutins ne manque pas de saveur!
Après l'école des sorciers, on apprend qu'il existe une école des lutins du père
noël...tout aussi exigeante.
Madame Alphabette y apprend à déchiffrer les listes de cadeaux des enfants venant du monde entier, Monsieur Ramoneur y enseigne l'art de glisser dans les cheminées, Madame klaxon celui de
diriger un traîneau de rennes, Monsieur Condu propose des exercices de taille de barbe...et les journées sont bien remplies pour ces étudiants d'un autre genre....jusqu'au jour où le père noêl,
très malade, se voit dans l'impossibilité d'effectuer sa tournée!
C'est aux lutins de le remplacer!
Des jolies illustrations, un texte pétillant! De quoi enchanter les petits
bouts curieux!
Elle avait un coeur en braille plongé dans une obscurité brutale et paralysante, un ventricule impénétrable pour tout inconnu qui se serait risqué à le
déchiffrer.
Aussi tenter d'en faire une traduction écrite s'était révélé une solution
envisageable pour que ses saignements et ses contusions soient accessibles et lisibles par tous.
Une démarche peut-être égocentrique mais salvatrice, une expérimentation certes
téméraire mais positive.
Elle espérait reprendre le dessus sur ses émotions emballées par l'exorcisme de la
plume. Une sorte de thérapie.
S'expliquer, se décrypter à la curiosité du lecteur flâneur sans parcimonie, exhiber
l'intérieur d'elle-même en un outrageux roman sans pudeur aucune était un
parjure à son entière nature.
Ophélie aspirait à être devinée, attrapée lors d'une de ses fantasques promenades
intellectuelles et saisie immédiatement, en un regard, un souffle.
Ennemie farouche des altercations et des exégèses, elle aurait voulu ne jamais avoir
à ne mettre de points qu'au dos de phrases exclamatives. Elle qui avait toujours crayonné des coeurs au dessus de ses i , prolongements volontaires d'une voyelle tournée vers le
ciel.
Ecrire pour conjurer la dépendance maladive que son âme souffrait pour Romain.
Imaginer une possibilité neuve d'être le propre tyran de son coeur et de le soumettre à des lois sévères et protectrices.
Mais l'auteur, qui l'avait tenté avant elle ,dans quelque autobiographie médiocre laissée au fond de quelque carton sale aujourd'hui, savait bien
que vouloir être maître de son coeur, dès lors que Cupidon s'en mêle , c'est comme faire le pari impossible de sortir indemne d'une tentative inconsciente: gravir une
chaîne de hautes montagnes sur laquelle le hasard peut, à tout moment, jeter un sort irréversible: tous les alpinistes -même les plus confirmés- deviennent des
grimpeurs aveugles qui tentent désespérement d'atteindre le sommet...L'enfant espiègle se moque bien de nos frilosités.
Avoir la mainmise sur le siège de
nos sentiments, poursuite épuisante et ardue, est un objectif tôt ou tard promis à un échec cuisant et irrémédiable, car le prémunir de l'ascendant hypothétique d' autres âmes pernicieuses est
irréalisable si ce n'est de concevoir un repli monacal.
Il serait effrayant de découvrir les statistiques du nombre moyen d'attaques qu'un
coeur subit dans sa vie de carde: et même si on le chaperonne, le cuirasse, l'escorte, le fortifie en l'initiant aux possibles emprises dominatrices qu'il pourrait avoir à endurer , force est de
constater cet échec intemporel cuisant: on ne l'y soustrait pas.
Notre coeur est une terre éphémère et fragile maintes fois mises en péril par
des colonisateurs malveillants ou arrivistes. On y puise et l'épuise jusqu'à ce que sa surface épidermique se déssèche et ne produise plus rien. A force d'abuser de ses ressources, elle finit par
offrir un visage sec et terne, inhospitalier. Cet Eldorado, don fait à chaque homme, est malmené par des pelles, des pioches qui creusent sans répit pour extirper son énergie aurifère. Beaucoup
d'entre eux se sont éteints par inconscience et maltraitance.
Qui accuser? Aussi bien les autochtones que les sauteurs de proue
conquérants.
Que faire? Il est donc impensable de construire un rempart infranchissable, de
rester inaccessible...et d'adopter un politique intérieure draconnienne de conservatisme?
Non, car le coeur n'est pas né pour végéter ni pour s'isoler.
Il n'est pas une terre à laisser en jachère. Il a besoin de rassembler, de
construire et non pas en autarcie. C' est une esperluette sanguine. Une corde de rappel sur laquelle les cordelettes de plusieurs alpinistes peuvent s'enrouler: noeuds prussiques et baudriers
peuvent s'assurer en toute confiance aux brins cardiaques inextricablement liés de ce muscle infatigable.
Ophélie avait entrepris un travail
titanesque de réminiscence de souvenirs, broyé l'ensemble avec un zeste d'amertume et de grandes cuillerées d'ironie et fait cuire le tout pour homogénéiser et aboutir à une recette trés
personnelle dont elle redoutait le jugement des consommateurs possibles . Bon, ça ,pour être honnête avec elle-même, ça avait été la partie la plus simple, ultime déversement
d'irascibilité et de détresse....la partie la plus courte aussi parce qu'après, la période de gestation avait été terriblement longue: Ophélie avait été assaillie par une angoisse
incontrôlable de s'exposer aux yeux de tous.
Il lui semblait transparent que n'importe quel lecteur comprendrait immédiatement
qu'elle parlait d'elle, qu'elle se mettait totalement à nu, que c'était AUTOBIOGRAPHIQUE. Cela
s'entendait, rabachait-elle, le pouvoir suggestif des mots: tout trahit son proférateur. Et soudain cette exigence de se livrer pour mieux faire disparaître l'ancienne Ophélie, celle qu'elle
détestait par ses faiblesses intestines, l'apeurait. Alors, heureusement qu'il y avait eu Benoît,son meilleur ami, pour la rassurer....pour lui faire réaliser à quel point elle était
subjective. Qui d'autre qu'elle pouvait savoir que cette expérience surréaliste, avorton mesquin et insupportable à vivre que lui avait enfanté Romain, avait tout de réel? Et il avait
ajouté simplement d'un rire adorable et doux qu'il était naturel d'appréhender une nouvelle page de son existence.
Aujourd'hui , enfin,
elle allait l' éditer ce manteau herculéen qui l'avait empoisonnée et étouffée pendant trois ans. Un peu de maïeutique socratienne, une franche prise de risque digne d'un champion d'escalade et.....
le monstre MALIGRAPHIQUE était né.
Choix de la police, de la mise en page, de la présentation de la première de
couverture, traitement des illustrations. Ne restait que la partie ludique à accomplir maintenant.Et elle se sentait soudain légère, délestée de toutes ses appréhensions.
Le 4
décembre 2006, elle avait enfin été contactée par une maison d'édition: votre travail nous plaît! Ô cri déchirant de l'âme étouffée par trop de larmes contenues, Ô soupirs de soulagement et de
bonheur à être enfin reconnue, Ô tremblements réprimés mais chers des mains récompensées! Quelqu'un avait aimé, un individu de chair et de sang avait vibré de ses mots et de ses images qu'elle jugeait elle-même un peu ampoulées....Elle se rengorgeait d'avoir pu faire de l'effet
avec son style facile et lourdement emphatique et qui respirait le sentimentalisme à plein nez. Mais soit, elle s'était bien gardée de toute réflexion inopportune et le jour de l'entretien
s'était contentée de sourire et d'acquiescer avec ferveur , genre promise docile et conciliante qui ne veut surtout pas faire de faux pas , genre duo de funambule -trapéziste au moment du
triple salto arrière dit de la mort qui tue, tambour battant, coeur à la chamade, pulsations à trois mille . Et ça avait fonctionné, bingo, elle était le nouvel auteur OPHELIE TEADORA, bientôt
célèbre dans la France entière....
Quoi? elle n'avait pas le droit de rêver! Fichu lecteur
rabat-joie!
:
Plutôt que de parler d'écriture automatique qui laisserait (trop) la part belle à l'inconscient, ici sera le lieu d'une écriture chromatique qui se coloriera d'humeurs diverses ( la subjectivité de l'auteur) et de la volonté sine qua non de ne pas s'imposer de règles et de thème, genre, tonalité particuliers.
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